Le quartier à l’électricité solaire

18.1.2021

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Consommer soi-même l’électricité que l’on produit: une solution rentable, qui peut encore être optimisée en s’associant avec ses voisins. À Lugaggia (TI), 18 maisons d’habitation, une école enfantine et une batterie de quartier ont été interconnectées. Le regroupement de tout un quartier forme un projet pilote très prometteur.

Dans l’école enfantine de Lugaggia et aux alentours, le soleil qui brille apporte bien davantage que juste du plaisir: en cette journée estivale, les enfants peuvent jouer dehors tandis que, sur le toit plat, l’installation photovoltaïque fonctionne à plein régime et charge une batterie que les enfants ne sont pas les seuls à trouver énorme. Située à la cave, l’armoire qui contient les modules noirs mesure 1,90 mètre. «La batterie est installée ici, mais elle appartient à l’ensemble des maisons du quartier», explique Davide Rivola, responsable du secteur Systèmes énergétiques à la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI). Cette batterie a la même fonction que le projet pilote dont Rivola a la charge: faire en sorte que l’électricité solaire produite dans le quartier soit aussi, dans toute la mesure du possible, consommée sur place.


Davide Rivola, chef de projet à la Haute école
spécialisée SUPSI, devant la batterie de quartier.

Des avantages financiers pour les habitants

L’autoconsommation du courant que l’on produit soi-même présente deux avantages: d’une part, cela permet de décharger le réseau électrique. «La gestion de l’électricité solaire constitue en effet un défi, car sa production est irrégulière et se fait en basse tension», explique Paolo Rossi, directeur du fournisseur régional d’énergie AEM et coinitiateur du projet. D’autre part, il en découle des avantages financiers pour les habitants du quartier: l’électricité solaire injectée dans le réseau est indemnisée à un tarif inférieur au prix du courant tiré du même réseau. C’est ce qui fait tout l’intérêt de la consommation propre. Or, quand des habitants se regroupent, les possibilités d’autoconsommer se multiplient. Les cinq installations photovoltaïques du quartier (totalisant 70 kW), 18 maisons individuelles ou jumelles et l’école enfantine ont donc été mises en réseau, non pas virtuellement, mais avec de nouveaux câbles.


Paolo Rossi, directeur d’AEM, fournisseur d’électricité,
et l’installation photovoltaïque installée sur le toit de
l’école enfantine.

Objectif: recourir le moins possible au réseau

L’électricité produite sur les toits est distribuée selon des règles claires: elle est prioritairement disponible pour la maison qui dispose de l’installation. Le surplus est ensuite injecté dans le réseau de quartier. Et ce qui n’est pas consommé immédiatement est stocké dans la batterie. À l’inverse, quand le quartier consomme plus d’énergie qu’il n’en produit, la batterie est la première source utilisée. Les habitants du quartier sont aussi sollicités, afin de devoir acheter le moins possible de courant du réseau: «Les responsables du projet nous ont expliqué que, dans la mesure du possible, nous devions utiliser l’énergie lorsqu’elle est produite, c’est-à-dire en journée», commente le riverain Patrizio Balmelli. Cela signifie par exemple faire tourner le lave-vaisselle ou le lave-linge en journée. Les habitants du quartier peuvent aussi voir la production comme la consommation de courant en temps réel sur internet. De plus, ils sont informés par newsletter tous les deux mois.

Projet de recherche novateur

Outre la participation des riverains à la réflexion, l’intelligence artificielle et des compteurs d’électricité dits intelligents contribuent à optimiser l’autoconsommation dans le quartier. Dans le cadre d’un projet de recherche, on teste deux méthodes différentes afin de déterminer lequel du système centralisé et du système décentralisé est le plus efficient. La première année de test, la consommation d’électricité du quartier, par exemple la mise en marche des chauffe-eau ou des pompes à chaleur, sera réglée via une plateforme centralisée. Pour ce faire, des algorithmes se servent de la station météorologique du quartier pour utiliser le courant autant que possible lorsqu’il est produit. La seconde année, les compteurs intelligents individuels des ménages communiqueront directement les uns avec les autres dans le cadre du système décentralisé. Grâce au regroupement du quartier, on peut donc non seulement décharger le réseau et économiser de l’argent, mais aussi acquérir des connaissances du terrain au service de la recherche. Le quartier à l’électricité solaire continuera bien entendu d’être exploité après les deux années de recherche, sous la forme d’une communauté énergétique des propriétaires fonciers. On le constate, le soleil est source de joie et de bonne humeur à l’école enfantine de Lugaggia, de même que dans le quartier, et bien plus encore.


L’école enfantine de Lugaggia, qui accueille une
installation solaire, une station météo ainsi qu’une
batterie de quartier.

Le quartier à l’électricité solaire en vidéo


Cette article a été publié dans notre magazine «Journal de l’énergie pour les propriétaires immobiliers».


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